A L'UN PAC A DIX   



 

A L' UN PAC A DIX!

 

22 Décembre 1986

 

 

Alain étranglé dans son sommeil par une nuit de décembre,

Alain alimenté par sa plume auprès d'un journal qui n'est pas

encore moribond. Alain seul, terriblement seul, rêvant de 13° mois

et de congés payés sur le tard, après la grande débandade des copains,

des amis et de cette scène "musicale"de 1976/77. Une époque qui

vibrait d'une telle énergie, d'une telle indépendance caratérisée!

Il ne se passait pas un jour sans qu'un texte, un son nouveau émerge

frénétiquement! L'époque qui était la sienne s'en alla et le laissa face

à son destin; celui d'une plume qui ne sombre pas mais ne servant

plus la bonne cause, celle du neuf et de l'indépendance. Bref 1986

n'était plus 1976, il était bien temps qu'il s'en aille en fait...

Il y a vingt-deux ans s'en allait un "jeune homme chic", seul et

dernier "Punk" authentique à la française, comme si tout ce qui

est vrai disparait toujours très rapidement. Ne reste plus que les

commerçants et les vendeurs de cartes postales...

Alain aura laissé un regard, une écoute et une certaine complicité

avec une époque qui bougeait enfin dans tous les sens. Peut-être

dernier ami de Serge Gainsbourg qui le rejoindra bientôt, il faut penser à

ces deux là comme à deux compères bavardant et plaisantant au coin

d'un petit dernier, de celui qui amène l'aube et sa chienlit...

Alain Pacadis ne me manque pas, car je ne le vois pas vivant

dans des cafés sans cigarettes ni dans ce journal de Financier, bref

encore heureux que tu sois parti de bonne heure, car tu n'as pas

été sous estimé par ton temps... Explorant surtout les limites de la

connivence, frelatant les relents de la gloire et du succès, toujours

assez louches... Depuis ta nuit, cette nuit où l'on t'étrangla, j'espère

que tu as eu le temps de rêver... de rêver à un futur "autre" et si

différent du notre.... Bref pauvre Alain digne de la chanson

d'Appolinaire, je te souhaite tellement plein de bonnes choses

pour ta nuit, cette nuit où tu n'es plus... La nuit où un abruti

décida que tu ne devais plus vivre en fait!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


© 2009