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L’HABITAT URBAIN
La jungle des rues était pavée de bonnes intentions mais traversée par des champs de mines. Les enfants y jouaient comme de petits chiots tous fous et chamailleurs. Le camion de la voirie dont le chauffeur appartenait à la mafia locale ne s’arrêtait que rarement. Les oiseaux, bénis des cieux, s’envolaient au fur et à mesure des explosions. Habitaient là, les gens qui disent et les gens qui croient. Sans aucune arrière pensée, les âmes, bénies des cieux, avançaient à reculons tandis que les enfants se noyaient dans les fonds baptismaux car monsieur le curé aimait l’habitat urbain, et il le disait haut et fort. En véritable Homo Sapiens, le très sexuel curé avait pour sa paroisse une affection toute particulière car il bénissait les culs bénis et les pupilles de la nation. Aucunement dérangé dans son sacerdoce, il envisageait l’avenir sous des angles toujours plus radieux. Pour son couronnement il y avait eu une grande fête villageoise où tous les producteurs de Cognac avaient amené leurs bouteilles, ce fut une grande concurrence de parfums et de goûts. Les mets délicats étant réservés aux cochons de bourgeois, le curé avait décidé de faire une omelette au pastis de grand format. Pour se faire, lui si fier, fit exécuter et entretenir un grand feu de plein air, sur les braises duquel il mis une grande poêle à frire de deux mètres de diamètre pour y répandre de mille à mille cinq cent œufs de poules naines et semi-sauvages. Il régala ainsi toute une foule de culs qu’il avait bénis, ainsi qu’une flopée de bébés fraîchement ondoyés. Le Harem clérical lui dépêcha un autocar entier de nones extrêmes, qui vinrent mettre de l’ordre dans cette ripaille bucolique et agreste. Tout redevint simple et pittoresque, les enfants jouaient toujours à la marelle parmi les champs de mines anticorporelles, ils sautaient voilà tout de la terre jusqu’au ciel… Ces nonnes assistaient les personnes en danger, ainsi l’habitat urbain se développait avec l’accord de l’évêché. Les frères de la Résurrection, eux, priaient, priaient, pour que cesse cette lamentable histoire, celle de l’habitat urbain où venaient vivre les homos sapiens omnivores.
Burzet le 10 Juin 2008

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